Grippe AH1N1 : l’efficacité des cliniques privées remise en question.

  • Est-ce que ces cliniques sont pourvues de toutes les structures nécessaires pour traiter les maladies transmissibles ?

  • Pourquoi transférer les patients dans des conditions extrêmes vers les hôpitaux ?

La présente pandémie de grippe AH1N1 doit interpeller les mauriciens et nous faire doublement réfléchir. La fréquence des épidémies ou pandémies devient plus fréquente. Serait-ce en raison du changement climatique à travers le monde ? Après le Chikungunya c’est maintenant la grippe A. What next ? Aux experts de trouver les réponses appropriées mais pour l’homme de la rue, c’est le traitement qui l’intéresse davantage.

L’éclatement de cette pandémie a pris beaucoup de monde de court. Et par la suite on s’est rendu compte que les structures de traitement médical des maladies transmissibles étaient dépassées. Le nombre de morts en raison de cette grippe nous amène à remettre en question l’efficacité de certaines cliniques privées. Au moins quatre personnes mortes ont été traitées au début des maladies dans des cliniques privées. Et n’étant pas pu traiter ces personnes, elles ont été référées à la santé publique, c’est-à-dire vers des hôpitaux.  Dans un état très grave et où elles ont rendu l’âme.

La question que l’on se pose : est-ce que les cliniques sont là que pour encaisser l’argent du public été en contrepartie ne peuvent l’offrir les soins nécessaires ? Les cliniques sont-elles devenues des entités commerciales ? En raison de leur inefficacité, les cliniques passent le tort sur la santé publique car les cliniques ne veulent pas endosser la responsabilité des personnes mortes en raison de la grippe A.

Il est trop facile pour ces cliniques de se dédouaner et passer la responsabilité à) l’Etat alors qu’elles encaissent l’argent du public. Le Ministère de la Santé devrait revoir impérativement les lois notamment le Public Health Act de 1925 et le Private Health Institutions Act de 1990 afin d’obliger ces cliniques de s’assurer que leur traitement contre paiement soit fait dans les meilleures conditions et qu’elles ne peuvent plus prendre la fuite en avant en se déchargeant de leurs responsabilités. La section 48 du Public Health Act doit être revue afin d’amener ces cliniques à créer des salles d’isolation afin de pouvoir assurer un traitement convenable aux patients qu’elles reçoivent afin qu’ils sortent complètement guéris. Est-que les cliniques ne sont pas liées par l’obligation des moyens une fois que les patients sont admis dans une clinique ?  Il est aussi grand temps de revoir le mode de fonctionnement de certaines cliniques. Le Ministère de la Santé doit réagir et non pas attendre une prochaine pandémie. Sinon, ce sera trop tard.

Suttyhudeo Tengur

Président

22 août 2009

L’APEC refait surface et critique l’ACIM et l’ICP

Au cours de ses dix années d’existence, l’Association for the Protection of the Environment and Consumer (APEC) est restée en retrait lors des grands débats sociaux sur les droits des consommateurs mais elle a récemment décidé de sortir de l’ombre. Avec moult critiques contre les deux actuelles associations de défense des consommateurs afin de mener ce que son président Suttyhudeo Tengur qualifie de ” bataille sur tous les fronts “. ” Nous avons constaté qu’il y a des problèmes au niveau des associations défendant actuellement les droits des consommateurs, nous pensons que le moment est venu de faire entendre notre voix, d’offrir une structure forte avec un bon fonctionnement afin de défendre au mieux les consommateurs “, explique Suttyhudeo Tengur.
Dans son dernier bulletin, l’APEC, qui a été fondée en 1999, tire à boulets rouges sur l’Institute for Consumer Protection (ICP) et sur l’Association des Consommateurs de l’île Maurice : ” Avec le temps, les associations composées d’hommes et de femmes, défenseurs des consommateurs ont évolué non pas comme des groupes de pression mais pour défendre des intérêts spécifiques en raison d’un déficit d’idées et de valeurs face aux défis de la mondialisation. Elles sont loin des grands enjeux. Ces organisations sont de plus en plus sclérosées, mal encadrées, mal administrées et sont loin de projeter une image digne de ce nom. ” Selon Suttyhudeo Tengur, une association militant pour les droits de la population se doit d’avoir une bonne image : ” Si un organisme de défense des droits se fait critiquer pour ne pas avoir payé ses propres employeurs, c’est une mauvaise image qui est véhiculée. ” Pour l’APEC, ces organisations doivent se remettre en cause afin de progresser : ” Rien n’est plus dommageable pour ces associations que le refus d’une véritable remise en cause de leur stratégie à l’heure où les grands défis nationaux sont l’environnement, les marchés et la qualité alimentaire. Il n’y a pas que le prix qui est l’indice révélateur. Affaiblies, ces organisations cherchent un second souffle mais demeurent paralysées. ” Donc les membres de l’APEC sont d’opinion qu’il est temps de ” faire redémarrer un projet national de défense de consommateurs autour des enjeux commerciaux de la mondialisation “.
Les interventions prévues par l’APEC sont très précises, indique Suttyhudeo Tengur et visent surtout à canaliser et raffermir la force des consommateurs : ” Il ne faut pas diviser les consommateurs mais attirer leur attention sur leurs droits. ” Le dernier bulletin sorti il y a quelques jours à peine a justement pour but, selon l’APEC, de sensibiliser le public : ” Nous avons clairement exposé nos idées et nos points de vue dans ce bulletin. ” En effet, l’APEC y fait part de son intention de mener une campagne intensive sur tous plusieurs fronts, notamment au niveau des médicaments contrefaits, de la transparence des services banquiers, du Central Electricity Board, du National Pension Fund, des compagnies de téléphonie mobile et de la vente des poissons, entre autres.

Le mot de l’APEC

Avec le temps, les associations composées d’hommes et de femmes, défenseurs des consommateurs ont évolué non pas comme des groupes de pression mais pour défendre des intérêts spécifiques en raison d’un déficit d’idées et de valeurs face aux défis de la mondialisation. Elles sont loin des grands enjeux.

 A qui attribuer ce retard considérable? A une certaine mentalité, d’abord, qui pousse à des gens à sanctifier le commerce des multinationales opérant à Maurice dès lors qu’elles s’appliquent à l’image et à la musique de ces dernières. C’est une forme d’action sclérosante.

 L’Etat porte moralement aussi une part de responsabilité dans la constitution d’un paysage à la défense des consommateurs compte tenu, des subventions annuelles que leur accorde le gouvernement. Malgré cela, ces organisations sont de plus sclérosantes, mal-encadrées, mal-administrées et sont loin de projeter une image digne de ce nom. Quand une association de défense des consommateurs montre son impuissance face aux attentes de ces mêmes consommateurs, cela reflète mal sur l’efficacité de l’organisation.

 Les nouvelles règles du jeu mondial bouleversent cet état de choses. Résister à nier le monde extérieur avec ses nombreux défis, n’est pas la voie à suivre. L’ « Association for the Protection of  Environment and Consumers » (APEC), s’est donnée les moyens qui lui permet de dispenser des marges de manœuvre nécessaire pour mener la bataille dans l’intérêt des consommateurs mauriciens.

 Loin pour nous de faire des menaces d’actions d’éclat, notre action étant dirigé par une démarche mûrement réfléchie.

 Loin pour nous de prises de position contradictoires. On ne va pas défendre les intérêts des consommateurs ou des travailleurs, alors qu’on se fait pointer du doigt par la justice mauricienne pour n’avoir pas payé les salaires de ses propres travailleurs.

 L’APEC défendra tous les consommateurs indistinctement. Elle sera différente des autres. Elle ne sera pas sélective ni dans son approche ni dans le choix des produits importés par tels ou tels conglomérats ou groupes de commerçants-importateurs.

1.  Notre Bataille

 Notre bataille sera sur tous les fronts que ce soit au niveau de la contre-façon, cette industrie parallèle qui constitue un danger pour l’image du pays mais aussi pour la santé des consommateurs.

 Notre bataille sera aussi contre des médicaments contre-faits en vente-libre. Bien que l’Etat a sa part de responsabilité dans cette affaire, il est opportun que ce soit  le gouvernement d’intervenir dans ce débat. Il faut une volonté politique et sociale pour mater contre un système mafieux, contrôlé par des gros conglomérats opérant à Maurice. Là également, on sent une absence éhontée des associations pour la défense des consommateurs.

 Notre bataille sera aussi en faveur de la mise en place d’un régime efficace de normes et standards qui garantissent la qualité des produits et des services. C’est de cela qu’on puisse juger si ces biens et services sont fiables, sécurisants et répondent à la norme de qualité.

 Notre bataille sera également de mettre en garde les banques qui n’assurent pas la transparence des transactions de leurs clients en leur refusant par exemple, l’impression à intervalle régulier du relevé des comptes de leurs clients, même si on est à l’ère de l’internet banking.

 Notre bataille sera aussi sur le besoin d’une vraie politique d’information sur les propriétés nutritives des produits alimentaires.

 Note bataille sera aussi de mettre au pas le CEB, qui connaissent les noms des 1500 abonnés soupçonnés de vol d’électricité ou de connexions illégales sur son réseau mais qui refusent de prendre des actions juridiques. La plupart des fraudes décelées sont de grosses compagnies industrielles et touristiques.

 Notre bataille sera aussi de voir comment les cotisations des travailleurs/consommateurs au NPF sont gérées correctement et voir si les fonds alloués à Air Mauritius sont restitués dans les délais prescrits.

 Notre bataille sera aussi de voir si les consommateurs mauriciens ne sont pas pénalisés au cas où le gouvernement décide de demander aux compagnies d’assurance d’émettre de nouveaux instruments pour gérer les risques liés à la longévité.

 Notre bataille sera aussi de voir si les compagnies importatrices de téléphonie mobile qui sont représentées à Maurice, assurent aux consommateurs un véritable service après-vente digne de ce nom.

 Notre bataille sera aussi de nous faire entendre sur le prix pour la vente des poissons aux enchères dont l’appel d’offres est lancé par le ministère de l’Agro-industrie.

 Bref, notre bataille sera aussi de développer un nouvel activisme citoyen à la défense des consommateurs.

2. Mains tendues aux consommateurs

 Autant se rendre à l’évidence: la bataille pour la défense des consommateurs reste aux antipodes de la modernité. Où que l’on se tourne, il se trouve toujours malheureusement, des hommes à la solde des partis politiques, réunis en une association pour nier les évidences, ignorer les mutations de l’économie et prétendre à la seule fameuse voie revendicative, comme si, c’est leur domaine exclusif.

 Rien ne justifie le fait que ces associations demeurent la seule voie revendicative qu’elles ont presque conduites à la faillite. Rien n’est plus dommageable pour ces associations que le refus d’une véritable remise en cause de leur stratégie à l’heure où les grands défis nationaux sont l’environnement, les marchés et la qualité alimentaire. Il n’y a pas que le prix qui est souvent l’indice révélateur.

 On cherche donc en vain une logique, une vision de ces associations et l’on ne trouve, depuis des années, une sorte d’étroitesse de raisonnement, un refus de la modernité, des limites au développement de l’esprit et de l’imagination.

 Aujourd’hui, plus que jamais, l’espace de revendication à la défense des consommateurs a besoin d’une profonde transformation pour renvoyer dans les abysses les requins de toutes espèces et élever en lumière les individus honnêtes et intelligents qui sont animés par la passion du travail à véritablement défendre les intérêts des consommateurs.

 Il nous faut un grand changement dans l’environnement économique actuel afin que les médiocres et les individus peu enclins aux réalités de l’heure se retrouvent hors course.

 Et le meilleur moyen est de mobiliser les volontés et de reconstruire une association adaptée aux aléas des marchés extérieurs et qui correspond aux attentes d’une société de consommation et des consommateurs mauriciens qui se sentiront plus à l’aise face aux choix.

 3.  Revamp the consumer wishes

 La véritable défense des consommateurs est en péril en raison des tyrannies des pseudo-dirigeants qui se maintiennent à la tête des organisations par la perversion des valeurs démocratiques telles les manipulations fréquentes.

 Ce tableau est davantage assombri par la panne d’idées du système de défense des consommateurs qui souffre d’un double déficit de fiabilité et de crédibilité. Il y a aussi la perte d’adhérents et d’influence et fait de moins en moins bloc. Affaiblies, ces organisations cherchent un second souffle mais demeurent paralysées.

 Face à tous ces périls, il est urgent de faire redémarrer un projet national de défense des consommateurs autour des enjeux commerciaux de la mondialisation.

 Les consommateurs souffrent d’un vide laissé par l’inaction, le manque de structures efficaces de revendication et de réflexion.

 L’Apec viendra combler ce vide et permettra de retrouver le dynamisme pour faire entendre sa voix dans la légalité et dans un code d’éthique qui doit être respecté par tous.

 C’est dans cette optique que l’Apec accueille favorablement la promulgation de la Competition Act en décembre 2007 et  subséquemment, la mise en place de la Competition Commission of Mauritius. La nomination de M. David James Davies en tant que Executive Director de la Commission donnera du tonus au processus menant à la création d’un environnement commercial sain et véritablement concurrentiel.

 Reste à savoir si la transparence sera exigée du côté des commerçants, grossistes, hypermarchés et supermarchés de façon à ce que « justice not only be done but seen to be done » aux consommateurs. Car nous savons que les lois existent, mais la perception populaire veut que certains commerçants ne soient nullement inquiétés. Mais l’Apec y veillera, c’est sûr.

 Tous ceux qui se sentent concernés par ce combat sont invités à nous contacter à l’adresse suivante:

 Secrétariat
Apec
2, Mgr Gonin St
Port Louis
31 juillet 2009