Au cours de ses dix années d’existence, l’Association for the Protection of the Environment and Consumer (APEC) est restée en retrait lors des grands débats sociaux sur les droits des consommateurs mais elle a récemment décidé de sortir de l’ombre. Avec moult critiques contre les deux actuelles associations de défense des consommateurs afin de mener ce que son président Suttyhudeo Tengur qualifie de ” bataille sur tous les fronts “. ” Nous avons constaté qu’il y a des problèmes au niveau des associations défendant actuellement les droits des consommateurs, nous pensons que le moment est venu de faire entendre notre voix, d’offrir une structure forte avec un bon fonctionnement afin de défendre au mieux les consommateurs “, explique Suttyhudeo Tengur.
Dans son dernier bulletin, l’APEC, qui a été fondée en 1999, tire à boulets rouges sur l’Institute for Consumer Protection (ICP) et sur l’Association des Consommateurs de l’île Maurice : ” Avec le temps, les associations composées d’hommes et de femmes, défenseurs des consommateurs ont évolué non pas comme des groupes de pression mais pour défendre des intérêts spécifiques en raison d’un déficit d’idées et de valeurs face aux défis de la mondialisation. Elles sont loin des grands enjeux. Ces organisations sont de plus en plus sclérosées, mal encadrées, mal administrées et sont loin de projeter une image digne de ce nom. ” Selon Suttyhudeo Tengur, une association militant pour les droits de la population se doit d’avoir une bonne image : ” Si un organisme de défense des droits se fait critiquer pour ne pas avoir payé ses propres employeurs, c’est une mauvaise image qui est véhiculée. ” Pour l’APEC, ces organisations doivent se remettre en cause afin de progresser : ” Rien n’est plus dommageable pour ces associations que le refus d’une véritable remise en cause de leur stratégie à l’heure où les grands défis nationaux sont l’environnement, les marchés et la qualité alimentaire. Il n’y a pas que le prix qui est l’indice révélateur. Affaiblies, ces organisations cherchent un second souffle mais demeurent paralysées. ” Donc les membres de l’APEC sont d’opinion qu’il est temps de ” faire redémarrer un projet national de défense de consommateurs autour des enjeux commerciaux de la mondialisation “.
Les interventions prévues par l’APEC sont très précises, indique Suttyhudeo Tengur et visent surtout à canaliser et raffermir la force des consommateurs : ” Il ne faut pas diviser les consommateurs mais attirer leur attention sur leurs droits. ” Le dernier bulletin sorti il y a quelques jours à peine a justement pour but, selon l’APEC, de sensibiliser le public : ” Nous avons clairement exposé nos idées et nos points de vue dans ce bulletin. ” En effet, l’APEC y fait part de son intention de mener une campagne intensive sur tous plusieurs fronts, notamment au niveau des médicaments contrefaits, de la transparence des services banquiers, du Central Electricity Board, du National Pension Fund, des compagnies de téléphonie mobile et de la vente des poissons, entre autres.