Le mot de l’APEC

Avec le temps, les associations composées d’hommes et de femmes, défenseurs des consommateurs ont évolué non pas comme des groupes de pression mais pour défendre des intérêts spécifiques en raison d’un déficit d’idées et de valeurs face aux défis de la mondialisation. Elles sont loin des grands enjeux.

 A qui attribuer ce retard considérable? A une certaine mentalité, d’abord, qui pousse à des gens à sanctifier le commerce des multinationales opérant à Maurice dès lors qu’elles s’appliquent à l’image et à la musique de ces dernières. C’est une forme d’action sclérosante.

 L’Etat porte moralement aussi une part de responsabilité dans la constitution d’un paysage à la défense des consommateurs compte tenu, des subventions annuelles que leur accorde le gouvernement. Malgré cela, ces organisations sont de plus sclérosantes, mal-encadrées, mal-administrées et sont loin de projeter une image digne de ce nom. Quand une association de défense des consommateurs montre son impuissance face aux attentes de ces mêmes consommateurs, cela reflète mal sur l’efficacité de l’organisation.

 Les nouvelles règles du jeu mondial bouleversent cet état de choses. Résister à nier le monde extérieur avec ses nombreux défis, n’est pas la voie à suivre. L’ « Association for the Protection of  Environment and Consumers » (APEC), s’est donnée les moyens qui lui permet de dispenser des marges de manœuvre nécessaire pour mener la bataille dans l’intérêt des consommateurs mauriciens.

 Loin pour nous de faire des menaces d’actions d’éclat, notre action étant dirigé par une démarche mûrement réfléchie.

 Loin pour nous de prises de position contradictoires. On ne va pas défendre les intérêts des consommateurs ou des travailleurs, alors qu’on se fait pointer du doigt par la justice mauricienne pour n’avoir pas payé les salaires de ses propres travailleurs.

 L’APEC défendra tous les consommateurs indistinctement. Elle sera différente des autres. Elle ne sera pas sélective ni dans son approche ni dans le choix des produits importés par tels ou tels conglomérats ou groupes de commerçants-importateurs.

1.  Notre Bataille

 Notre bataille sera sur tous les fronts que ce soit au niveau de la contre-façon, cette industrie parallèle qui constitue un danger pour l’image du pays mais aussi pour la santé des consommateurs.

 Notre bataille sera aussi contre des médicaments contre-faits en vente-libre. Bien que l’Etat a sa part de responsabilité dans cette affaire, il est opportun que ce soit  le gouvernement d’intervenir dans ce débat. Il faut une volonté politique et sociale pour mater contre un système mafieux, contrôlé par des gros conglomérats opérant à Maurice. Là également, on sent une absence éhontée des associations pour la défense des consommateurs.

 Notre bataille sera aussi en faveur de la mise en place d’un régime efficace de normes et standards qui garantissent la qualité des produits et des services. C’est de cela qu’on puisse juger si ces biens et services sont fiables, sécurisants et répondent à la norme de qualité.

 Notre bataille sera également de mettre en garde les banques qui n’assurent pas la transparence des transactions de leurs clients en leur refusant par exemple, l’impression à intervalle régulier du relevé des comptes de leurs clients, même si on est à l’ère de l’internet banking.

 Notre bataille sera aussi sur le besoin d’une vraie politique d’information sur les propriétés nutritives des produits alimentaires.

 Note bataille sera aussi de mettre au pas le CEB, qui connaissent les noms des 1500 abonnés soupçonnés de vol d’électricité ou de connexions illégales sur son réseau mais qui refusent de prendre des actions juridiques. La plupart des fraudes décelées sont de grosses compagnies industrielles et touristiques.

 Notre bataille sera aussi de voir comment les cotisations des travailleurs/consommateurs au NPF sont gérées correctement et voir si les fonds alloués à Air Mauritius sont restitués dans les délais prescrits.

 Notre bataille sera aussi de voir si les consommateurs mauriciens ne sont pas pénalisés au cas où le gouvernement décide de demander aux compagnies d’assurance d’émettre de nouveaux instruments pour gérer les risques liés à la longévité.

 Notre bataille sera aussi de voir si les compagnies importatrices de téléphonie mobile qui sont représentées à Maurice, assurent aux consommateurs un véritable service après-vente digne de ce nom.

 Notre bataille sera aussi de nous faire entendre sur le prix pour la vente des poissons aux enchères dont l’appel d’offres est lancé par le ministère de l’Agro-industrie.

 Bref, notre bataille sera aussi de développer un nouvel activisme citoyen à la défense des consommateurs.

2. Mains tendues aux consommateurs

 Autant se rendre à l’évidence: la bataille pour la défense des consommateurs reste aux antipodes de la modernité. Où que l’on se tourne, il se trouve toujours malheureusement, des hommes à la solde des partis politiques, réunis en une association pour nier les évidences, ignorer les mutations de l’économie et prétendre à la seule fameuse voie revendicative, comme si, c’est leur domaine exclusif.

 Rien ne justifie le fait que ces associations demeurent la seule voie revendicative qu’elles ont presque conduites à la faillite. Rien n’est plus dommageable pour ces associations que le refus d’une véritable remise en cause de leur stratégie à l’heure où les grands défis nationaux sont l’environnement, les marchés et la qualité alimentaire. Il n’y a pas que le prix qui est souvent l’indice révélateur.

 On cherche donc en vain une logique, une vision de ces associations et l’on ne trouve, depuis des années, une sorte d’étroitesse de raisonnement, un refus de la modernité, des limites au développement de l’esprit et de l’imagination.

 Aujourd’hui, plus que jamais, l’espace de revendication à la défense des consommateurs a besoin d’une profonde transformation pour renvoyer dans les abysses les requins de toutes espèces et élever en lumière les individus honnêtes et intelligents qui sont animés par la passion du travail à véritablement défendre les intérêts des consommateurs.

 Il nous faut un grand changement dans l’environnement économique actuel afin que les médiocres et les individus peu enclins aux réalités de l’heure se retrouvent hors course.

 Et le meilleur moyen est de mobiliser les volontés et de reconstruire une association adaptée aux aléas des marchés extérieurs et qui correspond aux attentes d’une société de consommation et des consommateurs mauriciens qui se sentiront plus à l’aise face aux choix.

 3.  Revamp the consumer wishes

 La véritable défense des consommateurs est en péril en raison des tyrannies des pseudo-dirigeants qui se maintiennent à la tête des organisations par la perversion des valeurs démocratiques telles les manipulations fréquentes.

 Ce tableau est davantage assombri par la panne d’idées du système de défense des consommateurs qui souffre d’un double déficit de fiabilité et de crédibilité. Il y a aussi la perte d’adhérents et d’influence et fait de moins en moins bloc. Affaiblies, ces organisations cherchent un second souffle mais demeurent paralysées.

 Face à tous ces périls, il est urgent de faire redémarrer un projet national de défense des consommateurs autour des enjeux commerciaux de la mondialisation.

 Les consommateurs souffrent d’un vide laissé par l’inaction, le manque de structures efficaces de revendication et de réflexion.

 L’Apec viendra combler ce vide et permettra de retrouver le dynamisme pour faire entendre sa voix dans la légalité et dans un code d’éthique qui doit être respecté par tous.

 C’est dans cette optique que l’Apec accueille favorablement la promulgation de la Competition Act en décembre 2007 et  subséquemment, la mise en place de la Competition Commission of Mauritius. La nomination de M. David James Davies en tant que Executive Director de la Commission donnera du tonus au processus menant à la création d’un environnement commercial sain et véritablement concurrentiel.

 Reste à savoir si la transparence sera exigée du côté des commerçants, grossistes, hypermarchés et supermarchés de façon à ce que « justice not only be done but seen to be done » aux consommateurs. Car nous savons que les lois existent, mais la perception populaire veut que certains commerçants ne soient nullement inquiétés. Mais l’Apec y veillera, c’est sûr.

 Tous ceux qui se sentent concernés par ce combat sont invités à nous contacter à l’adresse suivante:

 Secrétariat
Apec
2, Mgr Gonin St
Port Louis
31 juillet 2009