Flambée mondiale des prix du blé et de la farine

L’APEC : un plan stratégique de trois ans nécessaire

La flambée des prix du blé et les risques de pénurie est devenue une crise mondiale et n’épargne pas Maurice. Occasionnée par la sècheresse dans les principaux pays exportateurs, les prix dans ces pays ont grimpé jusqu’à 70 % depuis juin dernier et cette tendance à la hausse aura un impact significatif sur la facture céréalière de plusieurs pays comme Maurice où la farine et le blé pèsent extrêmement lourds sur les habitudes alimentaires.

 Avec les menaces de la Russie d’imposer l’interdiction à ses exportations de blé et les pressions exercées par les cours mondiaux sur l’Australie, autre gros exportateur de blé et de farine, de même que d’autres sources d’approvisionnement de Maurice, telle la France, on doit s’attendre que les prix atteignent des sommets dans les semaines et mois à venir. Le pire est devant nous.

 Déjà, au début de 2008 avec la flambée des prix alimentaires et celle du pétrole, la facture pour les pays à faible revenu et au déficit alimentaire en Afrique avait fait un bond de plus de 74% selon le dernier bulletin Perspectives de récolte et situation alimentaire de l’Organisation Mondiale de l’Alimentation (FAO). Avec de nouvelles restrictions à l’exportation de blé et de la farine, l’augmentation du fret, les spéculations sur les cours mondiaux, avec les risques de pénurie, tous les facteurs sont réunis pour que la situation s’empire.

 Cette nouvelle situation appelle à un changement de vision des autorités. Que fait le ministre de l’Industrie et du Commerce pour jauger l’impact négatif de la réduction de l’importation de blé et de la farine ? Compte tenu de l’étendue de ce problème mondial d’autres questions se posent de savoir :

1.      Comment contrecarrer les menaces de pénurie alors que 35% du panier des ménagères, le ‘consumer purchase index basket’ est consacré à l’alimentation dont le pain, le rothi, la pâtisserie constituent une proportion importante 

2.      Si Maurice dispose actuellement de stocks de blé et de farine suffisant pour répondre à nos besoins pour une durée définie

3.      Si le milliard de roupies injecté au Food Security Fund est utilisé à bon escient pour augmenter notre production agricole et répondre au besoin de notre sécurité alimentaire à long terme.

L’APEC suggère qu’une étude sérieuse soit entreprise pour situer la vulnérabilité de notre pays face à la hausse du prix du blé et de la farine sur le marché international et qu’un plan stratégique soit élaboré pendant les trois prochaines années  car, dites-vous bien que depuis trois ans, l’OCDE et la FAO maintiennent que les prix des produits alimentaires connaîtront des hausses inévitables pendant la prochaine décennie.

 Suttyhudeo Tengur

Président

18 août 2010                                                

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