Un véritable ‘puzzle économique’
Beaucoup d’encre est coulé concernant la chute de l’euro et son impact dans des pays européens et pas conséquent ses répercussions dans d’autres petites économies, notamment à Maurice. Si certains économistes sont d’avis qu’après la récession mondiale qui avait récemment affecté tous les pays, le monde fait face à une deuxième crise financière économique avec la chute de l’euro et l’appréciation du dollar par contre d’autres ne sont pas sur la même longueur d’onde. Ces derniers persistent que l’euro se fera apprécier au cours des prochains mois.
Le train où vont les choses, il semblerait que le gouvernement, la banque de Maurice et les autorités concernées auraient pris toutes les mesures appropriées afin que les secteurs affectés puissent surmonter la crise de l’euro. Certains économistes ont même noté une croissance robuste pour 2010 pour l’économie mondiale qui est revue à la hausse par le Fonds Monétaire Internationale mais pas de manière uniforme. On note aussi une reprise fragile pour les économies avancées, menée par les pays émergents et en voie de développement.
En se basant sur les chiffres officiels, la croissance de notre économie s’améliore depuis le 2e trimestre de 2009. L’activité économique réelle s’est passée d’une croissance de 3,5% pour dans le 3e trimestre à 6,4% dans le 4e trimestre de 2009. Cette croissance est due à un bond dans les secteurs textile et restauration, après plusieurs trimestres de contraction. D’autres secteurs ont aussi enregistré une croissance solide, par exemple la construction, l’alimentation et autres produits manufacturiers, le secteur ‘distributive trade’, transport, ‘storage’ et communications. Les secteurs d’exportation ont bien résisté aux dures conditions externes de commerce bien qu’ils ont affiché des marges de profit plus bas. Toutefois, les prévisions seront assombries par la croissance réduite dans la zone euro et le Royaume Uni.
Les termes d’échange défavorables, l’inflation grandissante dans nos marchés d’approvisionnement, les prix stagnants de nos exportations, la faiblesse de l’euro vis-à-vis du dollar auront également un impact sur notre croissance. Selon les prévisions de la BoM, la croissance est estimée à 6% pour le 1er trimestre de 2010 et 4,1% pour 2010. En mars 2010 une croissance de 4,6% pour 2010 était prévue. Dans le contexte économique qui prévaut une telle croissance est un sujet d’encouragement pour les ‘policy makers’. Il faut souligner que l’inflation demeure historiquement basse.
Par contre, d’aucuns pensent que la crise de la dette en Europe et les mesures d’austérité dans plusieurs pays européens peuvent avoir un impact négatif sur la consommation dans nos principaux marchés d’exportation. A cet effet, certains économistes pensent qu’on doit davantage pencher sur (i) la capacité de produire des Mauriciens , les ressources nécessaires pour pouvoir d’exporter à un prix compétitif mondialement et une bonne gestion de la politique monétaire et fiscale afin qu’on puisse contenir l’inflation qui demeure historiquement basse. Une dépréciation apportera une augmentation considérable dans le coût de l’importation non pas seulement pour les denrées de base, les produits pétroliers et l’énergie mais aussi pour les entrants dans la production vers l’importation.
Bien que dès fois, l’euro semble être stable, il semblerait que les économistes de même que les décideurs politiques sont sceptiques concernant l’économie en générale. Tout laisse indiquer que nous faisons face à un ‘puzzle économique’. D’un côté, nous faisons face à l’appréciation du dollar. Et il ne faut oublier que Maurice importe majoritairement en termes de dollars. De l’autre côté, nous faisons face à une dépréciation de l’euro et du livre sterling qui réduisent directement les recettes de nos exportations en roupie. Si on songerait à une dépréciation roupie, nous devrons avoir la capacité de produire localement d’une façon efficace. La sécurité alimentaire et l’importation du bon nombre des produits sont plus que cruciales pour le pays. Et une dépréciation de la roupie sera un coup de massue sur le coût de la vie des Mauriciens. Pour certains économistes, il faut que le gouvernement revoie ou fait une analyse ou une évaluation profonde de l’économie mauricienne tout en tenant compte les secteurs d’exportations et d’importations et l’industrie locale.
Pour certains économistes, il faut réunir toutes les conditions nécessaires avant de décider un réajustement ou une dépréciation conséquente de la roupie mauricienne. Si la tendance continuera à s’empirer, la dépréciation de la roupie sera, certes, une des solutions des derniers recours.