- Rien ne justifie une telle demande
Une demande d’augmentation du prix de lait est actuellement envisagée par les autorités à la suite d’une demande faite par certains importateurs. La demande se situe dans la fourchette de 10 à 11%. Cette demande est motivée par le fait que le coût de production du lait dans les pays tels la Nouvelle Zélande, récemment atteint par un tremblement de terre ou l’Australie, qui subit les aléas climatiques. Or, une telle demande ne saurait être entretenue dans son intégralité vu les fluctuations dans le taux de change ces derniers mois et aussi compte tenu du stock dont disposent les importateurs actuellement.
Une commande placée et embarquée en mars dernier par une compagnie locale auprès de son fournisseur néozélandais serait attendue ces jours-ci. Or, cette commande a été placée à un moment où le dollar était en chute libre et avait atteint en mars la parité de Rs29.50/$. Si aujourd’hui, l’importateur réclame une hausse de 11%, cette demande est loin d’être justifiée.
Aussi pour une autre cargaison de lait en provenance de France, l’importateur aurait fait une demande d’augmentation lié aux fluctuations du taux de change. Or, avec l’appréciation de la roupie par rapport à l’euro, cette demande ne devrait être entretenue.
Par ailleurs, nous notons que la marge entre le coût du lait débarqué à Port Louis (landed cost), comprenant le coût-assurance-fret (c.a.f) et le prix au détail est énorme pour ne pas dire exagérée. A un moment où le consommateur est écorché par l’augmentation des prix ailleurs, il serait plutôt juste de revoir la marge entre le coût au débarquement et le prix au détail. Les importateurs devrait eux aussi se serrer quelque peu la ceinture pour ne pas asphyxier les consommateurs.
Dans un autre ordre d’idées, nous notons que la production du lait frais à Maurice est toujours déficitaire par rapport à la consommation annuelle qui s’élève à 122 millions de litre alors que la production locale tourne autour de 2,5 millions de litres. Face à une telle situation, nous estimons que les autorités devraient dégager une politique alimentaire – on parle beaucoup de la sécurité alimentaire ces jours-ci – pour assurer que notre production local en lait frais augmente. Le Ministère de l’Agro-industrie devrait sérieusement se pencher sur cette question et le Ministre de tutelle devrait prendre les devants pour assurer la sécurité alimentaire de l’île Maurice.