Ou est la compétition ? Pourquoi Moroil détient-t-il le monopole ?
Depuis lundi matin, Moroil, seul et unique importateur de matières
premières pour produire de l’huile comestible pour le marché mauricien, a
ajusté à la hausse ses prix dans la fourchette de 10% à 18,6% — sur ses huiles
fabriquées localement. Cette entreprise avance que les coûts des matières
premières entrant dans la production de l’huile comestible ont connu une hausse
de 51% depuis l’année dernière en raison du coronavirus qui sévit dans le monde
et qui affecte tant la santé que l’économie mondiale.
De
l’autre côté, le gouvernement a annoncé, vendredi dernier, après sa
réunion hebdomadaire du conseil des ministres “the imposition of a one-year
safeguard measure in the form of a 10 percent customs duty on imports of edible
oil (soyabean, sunflower and blended oil) from COMESA countries.” Ce, à partir du 22 février 2021.
Dans les
milieux concernés, l’on soutient que cette démarche vise à protéger l’industrie
locale, dans ce cas, le Moroil, qui a augmenté d’entre 10 et 18,6% les prix de
ses produits tandis que ses compétiteurs, s’il y en a encore, se voient
augmenter les leurs par 10% ou plus à cause de l’imposition de10% de droits de
douane sur les produits importés des pays de la COMESA. Mais sait-il que
cette décision s’attaque directement aux poches des consommateurs car ce sont
eux qui devront, non seulement, payer leur huile comestible, importé ou pas,
plus chers, mais aussi, avec l’effet domino que cette hausse aura sur de la
nourriture – dholl puri, farata, gato piman, et autres gato delwil, etc, sans
oublier notre fameux briani, dans la fabrication desquels on utilise beaucoup
d’huile. En ce faisant, il est en train de tondre les consommateurs au nombre
de 1,3 million au nom de la protection d’une seule entreprise locale et d’une
centaine d’emplois. Où est l’intérêt de la population ?
Questionnons la State Trading Corporation (STC), lui, qui a été créé par le
gouvernement, il y a de nombreuses années, dans le but de briser le monopole
des entreprises opérant dans des secteurs qui auraient des conséquences
néfastes sur la bourse des consommateurs, tels l’importation du riz et de la
farine, entre autres, produits pétroliers. Pourquoi n’agit-t-elle pas ?
Que font ses directeurs nommés par le gouvernement ? Sont-ils si occupés
avec l’achat d’équipements médicaux qu’ils n’ont pas le temps de s’occuper de
la population ? N’ont-ils pas vu venir cette hausse des prix de l’huile
comestible ? Pourquoi le Moroil détient-il le monopole dans ce
domaine ? Pourquoi n’y-a-t-il pas d’autres producteurs de l’huile
comestible à Maurice?
Pour information de la STC: lors de la présentation de son budget pour
2021/2022, le gouvernement indien a annoncé qu’il compte introduire la
compétition, là où il y a un monopole qui se fait au détriment de sa
population, surtout ceux de la classe pauvre et moyenne. Pourquoi n’inspirons-nous
pas de cette démarche à Maurice ? Ca aurait aidé le marché à jouer sur les
prix des produits essentiels au bénéfice des consommateurs, dont les 250,000 ou
plus de senior citizens, qui n’ont pas obtenu, comme c’est le cas tous les ans,
leur part de Rs 375, découlant de la compensation salariale payée aux salariés,
à la fin de janvier dernier.
Suttyhudeo Tengur
Président