MV Wakashio cloué en mer depuis deux semaines, près de Pointe d’Esny

MV Wakashio cloué en mer depuis deux semaines, près de Pointe d’Esny

Maintenant, son huile qui fuit et affecte notre environnement marin

Que font les autorités, dont le PM, qui a pleins pouvoirs pour agir ?

Le vraquier battant pavillon panaméen MV Wakashio, échoué à 11,5 milles marins sur la voie maritime commune près de Pointe D’Esny, à Mahébourg, depuis bientôt quinze jours, fuit désormais du pétrole.

Le ministère de l’Environnement dit avoirété informé qu’il y a une brèche dans le navire et qu’il y a une fuite d’huile. D’où, précise-t-il, que le public en général, y compris les plaisanciers et les pêcheurs sont priés de ne pas s’aventurer sur la plage et dans le lagon de la région. Les pêcheurs et les exploitants de bateaux sont également priés de retirer immédiatement leurs bateaux de la plage et du lagon.

Selon le ministère, «toutes les zones hautement sensibles, y compris le site Ramsar de Pointe d’Esny et le parc marin de Blue Bay sont protégés par des barrages et toutes les autorités compétentes sont mobilisées sur place pour toute action nécessaire ».

Est-ce tout ce qui peut être fait pour cet incident catastrophique qui s’est produit dans nos mers et nos plages fragiles ? Que disent nos lois sur les fuites et les déversements qui se produisent dans nos mers et nos lagons? Première question? Existe-t-il une loi qui régit notre environnement? Oui, il y en a, et que dit-elle?

Il est clair d’après l’Environment Act, en date de 2002, “that where a major threat to the environment is posed as a result of a spill or otherwise, the Prime Minister may in consultation with the Minister, declare an environmental emergency.” L’incident du MV Wakashio s’est produit, il y a 15 jours, nous n’avons encore rien entendu à ce sujet.

Plus loin, la loi dit ceci : « The Prime Minister may give such direction as he thinks fit to any public department for the purpose of the protection of the environment.”

Elle s’interroge même: “What are the circumstances of the spill; and (ii) any action taken or proposed to be taken in relation to the spill; (c) do everything practicable to- (i) prevent, eliminate or reduce the adverse effects of the spill; (ii) restore the environment to the state it was prior to the spill.”

L’Environment Act donne aussi le pouvoir au directeur de l’Environnement, “to direct the owner of the pollutant which is spilled, or any other person, to take such action within such period of time as he may specify in order to- (a) prevent, eliminate, or reduce the adverse environmental effects of the spill; (b) restore as far as is practicable the environment to its previous state; (c) dispose of, or in any way deal with, the pollutant or any object reasonably suspected to be affected by the pollutant.”

L’Attorney-General est aussi interpellé: “Where damage is caused by a spill to the environment, or to any property, object or thing which is not the subject of private ownership, the Attorney-General may claim damages against the owner of the pollutant….all costs and expenses incurred as a result of – any Clean-up or removal operation; any measure taken to prevent, eliminate or reduce the adverse effects of a spill on the environment.”

Qu’attendons-nous pour agir ? Désormais, la balle est entre les mains du Premier ministre et celles de son ministre de l’Environnement. Ils devraient se hâter maintenant… sinon, cette partie de notre environnement marin est condamnée. Les dégâts peuvent être irréversibles.

Suttyhudeo Tengur

Président

7 août 2020