Lettre ouverte aux parlementaires
Salaire minimal : aucune corrélation entre pertes d’emploi ou hausse du taux d’inflation
L’introduction prochaine d’une loi cadre pour la mise en pratique d’un système de salaire minimal national semble donner des sueurs froides à certains à Maurice où l’on parle de pertes d’emplois, de la montée du taux d’inflation ou encore de ralentissement d’investissement de ce secteur. Or, selon des études poussées effectuées dans un certain nombre de pays dont la Malaisie et le Royaume Uni, ces craintes sont injustifiées car le salaire minimal national a permis de rétablir un certain équilibre entre ceux qui vivaient en dessous de la ligne de pauvreté et les nantis.
Au fait, c’est quoi le salaire minimal national? Ce n’est certes pas une redistribution de richesse même si cela s’y apparente quelque peu. Mais le salaire minimal national consiste surtout à relever le niveau de vie de ceux qui vivent de moins d’un dollar par jour et ainsi vivre un niveau de vie quelque peu décent. En France, par exemple, qui depuis des décennies a adopté cette politique, le salaire minimal est connu comme le “salaire minimum interprofessionnel de croissance, plus connu sous l’acronyme SMIC.
En premier lieu donc, le salaire minimal national touche les employés du secteur formel surtout ceux au bas de l’échelle dont les salaires sont plus bas ou frisent la ligne de pauvreté. En deuxième lieu, ce sont ceux qui travaillent dans le secteur informel qui sont concernés. Si pour les employés mensualisés les salaires peuvent être relevés après des études socio-économiques par contre pour ceux du secteur informel, on devra dégager un mécanisme pour les rémunérer par heure de travail. C’est en quelque sorte la pratique au niveau international et ainsi aucune de ces catégories d’employés ne seront pénalisés. Le mécanisme de calcul pour cette catégorie de travailleurs résulte au paiement par heure. Ils sont donc moins pénalisés par rapport aux mensualisés.
En partant à partir des analyses poussées tant sur le plan économique que technique, l’on note que l’effet d’une politique de salaire minimal national se répercute favorablement sur l’économie en général car elle permet à ceux qui poireautent dans le tranche de la pauvreté de sortir hors de l’eau. En fin de compte, cet argent additionnel retourne dans le circuit monétaire et donne à l’économie une nouvelle dynamique.
Quelques exemples du salaire minimal dans quelques pays européens :
- Allemagne – 1 ,498 €
- Hollande – 1 ,551,6 €
- France – 1 480,27 €
- Grande Bretagne – 1 396,90 €
- Espagne – 825,65 €
- Portugal – 649,83 €
La Low Pay Commission du Royaume Uni souligne que dix années après l’introduction du ‘minimum wage’, elle n’a noté aucune perte d’emploi ou d’autres dommages collatéraux à l’économie après un suivi rigoureux suite à la mise en œuvre de cette politique
Il est clair selon les études internationales, que le salaire minimal national ne vise pas à combler le fossé entre les gros salariés et ceux au bas de l’échelle, mais qui permet à ces derniers d’aspirer à une qualité de vie plus décente. Pour ce qui est de la réduction du ratio entre les gros et les petits salariés, c’est une politique de redistribution de richesse qui entre en jeu. Donc, il n’y a aucune relation directe entre ces deux politiques.
Suttyhudeo Tengur
Président
13 juillet 2017