En marge du budget 2016-2017

Lettre ouverte au Ministre  des Finances et du Développement économique Hon Pravind Jugnauth.

En marge du budget 2016-2017

Pas d’erreur stratégique pour Pravind Jugnauth

 

A l’approche du budget 2016-2017, le ministre des Finances a un travail colossal : celui de donner une nouvelle impulsion à l’économie qui se trouve dans un état piteux tant qu’il se soit de mobiliser toutes ses ressources et d’accroître ses efforts pour emmener à une bonne réflexion sur les rapports de l’éthique, de la finance et de la gouvernance institutionnelle.

 

Ceux-ci sont caractérisés par des facteurs nombreux et complexe. Un chômage galopant qui ne recule pas; les salariés vivent en permanence dans la frayeur du licenciement et sont hantés par le spectre du chômage, pertes d’emploi et érosion du pouvoir d’achat pour les consommateurs; ralentissement des investissements; scandales financiers avec des enrichissements rapide pour certain; argent des drogues blanchi; mobilisation d’énormes sommes autour d’opérations qui paraissent plus financière qu’économique ou industrielles; énormes dettes publiques; retard dans l’application d’un programme de redressement et des réformes des corps paraétatiques.

 

Bref, l’économie nationale est entrée de plain-pied dans une phase critique. Pour prévenir que la visibilité économique ne soit davantage bouchée, l’avenir dépendra de la capacité du pays à surmonter les difficultés surtout à ne pas se tromper de diagnostic.

 

L’attitude de Pravind Jugnauth pour son prochain budget pourrait lui faire marquer des points positifs. La priorité absolue du moment, c’est le ralentissement économique. Il sera jugé avant tout sur le contenu de ses propositions budgétaires. Même si l’on argue que les fondamentaux économiques sont peut reluisants (croissance à la traîne, déficit budgétaire et commercial), il dispose des marches de manœuvre adéquates pour redonner confiance à la population.

 

Reste maintenant à rebooster la  croissance. La croissance ne peut se poursuivre sans coup de pouce par un apport en capital qu’il soit local ou étranger sous forme de FDI. Le ministre des Finance doit venir avec de nouvelles propositions pour instaurer un climat propice aux affaires en orientant sont budget vers un meilleur équilibrage des taxe directe et indirecte, le différentiel étant énorme.

 

Outre la croissance économique, le pays doit continuer à affronter la jungle de la concurrence internationale et la compétitivité avec des projets innovateurs pour le secteur industriel. Pour cela, l’industrie mauricienne doit continuellement jouer la montée en gamme. Dans un rapport intitulé «Pacte pour la compétitivité de l’industrie française (2012), l’auteur est catégorique: il ne peut y avoir d’économie forte sans industrie forte.  L’industrie doit plus que jamais jouer un rôle majeur d’entraînement de l’économie pour la croissance, l’emploi et l’innovation

 

Dans la conjoncture de transition énergétique, le faible coût de l’énergie représente un atout. Le ministre des Finances à intérêt à venir avec des propositions visant à poursuivre le développement des énergies renouvelables et songe peut être à exploiter le gaz (en projet qui a pris du retard) dont les études ont démontré qu’il est presque trois fois moins cher et réduit les charges sur la balance commerciale.

 

Pour son prochain budget, Pravind Jugnauth n’aura donc pas droit à des erreurs stratégiques.

 

Suttyhudeo Tengur

Président

7 juin 2016

 

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